Benoit Fleury, souvenir d’un 24 janvier
Benoit Fleury, souvenir d’un 24 janvier
Le 22 janvier 1920, Amedeo Clemente Modigliani est découvert chez lui agonisant. Deux jours plus tard, il meurt à l'hôpital. Quatre jours plus tard, sa compagne Jeanne Hébuterne, dite Noix de coco, se jette par la fenêtre, enceinte jusqu'aux dents. Modigliani, peintre juif et maudit, mais aussi peintre tuberculeux, alcoolique et drogué. À 35 ans, le bel Italien est déjà usé, cramé. Il n'en peut plus de cette vie.
Un soir de janvier, il se rince la dalle comme d'hab' à la Rotonde, avec la bande des peintres de Montparno. Absinthe, gros rouge qui tache et haschich, il avale tout. Chaque jour ou presque, Modigliani se "soûle abominablement". Le patron de la Rotonde, Victor Libion, est toujours prêt à faire crédit et à accepter un dessin pour effacer l'ardoise. Modi, comme l'appellent ses amis, est charmant à jeun, mais l'alcool le rend méchant et volubile. S'il boit autant, ce serait, dit-on, par délicatesse : il voudrait cacher à ses amis l'abominable tuberculose qui ronge son cerveau. Soudain, quelqu'un décide de rendre visite au dessinateur espagnol Eduardo Benito. Il habite à un kilomètre de là, rue de la Tombe-Issoire.
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